DreylandDichterweg

Gerhard Jung

1926–1998, Zell im Wiesental et Lörrach

(lecture: Markus Manfred Jung)

« Transfrontaliers »

La vie n’est pas infinie.
La vie est un sort enserré de frontières.
Elle part de l’obscur sein maternel
traverse une rue froide et étroite
pour aboutir à une tombe ornée de couronnes.
Et à chaque pas que nous faisons,
nous traînons avec nous des frontières;
Des frontières qui nous séparent,
qui nous séparent d’autres époques,
d’autres vies, d’autres gens,
que nous ne connaissons pas.
Si l’on veut réussir
sa vie correctement
il faut crânement passer de l’autre côté,
et tout se resserrera.
Chaque époque, bien évidemment
a besoin de ses « transfrontaliers! »

 

Gerhard A. Jung, 1926, est né à Zell im Wiesental. Avec son père, un vétérinaire affable et bon narrateur, qui a lui-même écrit des centaines de poèmes, il s’est souvent rendu dans des fermes et s’est familiarisé très tôt avec le pays et ses habitants. Sa passion pour le théâtre et les exposés s’enflamma dès l’école primaire. À 17 ans, il servit dans la D.C.A. et fut confronté aux horreurs des bombardements ; son engagement en France comme grenadier dans une unité blindée fit de lui un « tire-au-flanc par conviction ». Après une blessure et de graves problèmes cardiaques, il fut fait prisonnier en France. Il était « physiquement et psychiquement » à bout. Comme il n’était plus question d’études, il devint fonctionnaire à la poste. En raison de ses blessures de guerre, il bénéficia comme receveur d’une mise à la retraite anticipée en 1980.

Dans son oeuvre riche et variée, sa position chrétienne et humaine, soucieuse d’équilibre, de paix et de compréhension occupait le devant de la scène. Il appelait à prendre soin de la nature et à la préservation de la création. Et comme randonneur proche de la nature, rédacteur durant de longues années de l’organe de l’association « La Forêt noire » ( « Der Schwarzwald » ), en sa qualité de conférencier dialectal et responsable principal de la préservation du patrimoine régional, il se prononçait sans ambiguïté pour des valeurs comme le pays natal, les coutumes, la préservation des costumes traditionnels et le dialecte. Par sa maîtrise des formes poétiques traditionnelles et modernes, il hissa, à la suite de Johann Peter Hebel, la tradition poétique dialectale à son apogée. 

Son oeuvre fut récompensée en 1974 par le prix Hebel du Land Bade-Wurtemberg. À côté de nombreuses autres distinctions, il a obtenu le Prix du théâtre du Land (Landestheaterpreis) et le Prix culturel du Rhin supérieur (Oberrheinischer Kulturpreis). Il devint citoyen d‘honneur des communes de Zell et de Hausen im Wiesental et obtint en 1997 la Croix du mérite fédéral (Bundesverdienstkreuz). 

Avec son épouse Klara, il a maintes fois interprété ses nombreuses chansons qu’il avait écrites et composées lui-même. Il a écrit environ 20 livres, plus de 60 pièces de théâtre et pièces radiophoniques, plus de 50 chansons, mises en musique par lui-même ou des compositeurs de renom, trois livres d’images, quelques brochures commémoratives et beaucoup d’autres choses encore. 

Les recueils de poésie les plus connus, souvent réédités, sont D Heimet uf em Wald (1960), Schmecksch de Brägel (1966), Wurzle un Blatt (1968),  Bettmümpfeli (1971), Wo ane gohsch? (1973), Rutsch e bizzeli nöcher (1977), Uf de Schwelle (1980), Proscht Gürgeli (1983), Loset, wie wär s (1983), Sonnenwende (1985), E Flämmli glüeht (1987), Souvenierli us em Schwarzwald (1991), Mit e me Bleistiftstümpli (1995), Seifiblodere (1995), Herrgott, isch des schön (1996).